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Exclusif : La Banque mondiale ne financera plus les industries pétrolière et gazière

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La Banque mondiale arrêtera de financer l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz après 2019, a-t-elle annoncé mardi 12 décembre, à l’occasion du sommet sur le climat de Paris. L’institution multilatérale souhaite ainsi « aligner sur les objectifs de l’accord de Paris » les financements qu’elle accorde aux Etats, a-t-elle expliqué dans un communiqué.

La Banque mondiale vient de prendre une décision importante pour l’avenir. Même si ses investissements restaient assez « symboliques », en rapport aux sommes engagées par les plus grandes compagnies mondiales, l’arrêt programmé des financements pour les projets d’exploration et d’exploitation de gaz et de pétrole dès 2019 est un geste fort de la part de la Banque mondiale qui a choisi un moment décisif pour l’annoncer : en parallèle du sommet sur le climat de Paris.

Une quarantaine de chefs d’Etats, d’ambassadeurs et de ministres se réunissent en effet en ce moment dans la capitale pour discuter de l’environnement et des décisions à prendre dès maintenant pour limiter le réchauffement climatique, pointé du doigt récemment par une imposante délégation de scientifiques du monde entier.

« Il était temps pour la Banque mondiale d’agir sur ce sujet. Il était temps d’ouvrir la voie ». C’est avec ces mots que Jim Yong Kim (photo), président de la Banque mondiale, a expliqué la décision de l’institution multilatérale d’arrêter le financement du gaz et du pétrole après 2019.

« Nous devons essayer de regarder ce que sera la production énergétique dans le monde à l’avenir », a-t-il ajouté, évoquant notamment la montée en puissance du solaire, des technologies de stockage d’électricité ou encore la géothermie. La Banque mondiale souhaite en effet aligner le soutien apporté aux pays pour qu’ils atteignent leurs objectifs de Paris.

La Banque mondiale cessera donc tout lien avec l’industrie du pétrole et du gaz, même si les investissements étaient déjà faibles l’an dernier : seulement un peu plus d’un milliard d’euros pour la recherche et l’extraction d’énergie non renouvelable, soit un peu moins de 5 % du budget annuel de la Banque mondiale. Il restera cependant une seule exception : la possibilité de financer certains projets de gaz dans des pays pauvres « où il y a un bénéfice clair en termes d’accès à l’énergie ».

Dans un souci de transparence, la Banque mondiale a également confié qu’elle allait publier dès l’an prochain un bilan énergétique des projets qu’elle financera, pour éviter d’investir dans des secteurs trop nocifs pour l’environnement.

Ce geste de la Banque mondiale est avant tout un « signe fort » envoyé à d’autres investisseurs qui pourraient choisir de suivre la tendance et de réduire ou carrément arrêter les financements de projets liés au gaz ou au pétrole. Mais à mesure que l’intérêt pour le fossile diminue fortement, il va falloir trouver pour le transport des solutions de remplacement efficaces (et pas que sur le papier) et qui peuvent être adaptées à grande échelle. Ce sera particulièrement le cas pour l’aérien et le maritime qui ne reposent que sur le non renouvelable aujourd’hui.

Par ailleurs, à partir de l’an prochain, l’institution, qui est la plus importante banque multilatérale du monde, publiera tous les ans les émissions de gaz à effet de serre des projets qu’elle finance dans les secteurs les plus émetteurs, comme l’énergie, a-t-elle encore annoncé.


Publié le 14-12-2017 par LA Rédaction


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