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Interview avec Amine Louali, le directeur général délégué de Maghreb Steel

Amine Louali, le directeur général de Maghreb Steel

Après que certains l’ait donnée pour morte, l’entreprise Maghreb Steel semble renaitre de ses cendres. Mieux encore,  ce symbole de la sidérurgie marocaine reprend, petit à petit, du poil de la bête pour reprendre le flambeau de la sidérurgie marocaine à l’échelon africain.

Interview avec Amine Louali, le directeur général délégué de Maghreb Steel.

Après des années de difficultés, Maghreb Steel est en train de se redresser, depuis que vous êtes aux commandes. Que pouvez-vous nous dire là-dessus ?
Maghreb Steel a connu depuis la mise en service de l’investissement colossale (6 milliards de DH) dans la nouvelle usine (aciérie + 2 laminoirs à chaud) une grave crise financière qui a failli entrainer l’arrêt de son activité. Cet investissement a coïncidé avec l’effondrement des marchés des commodités dans le monde et a accentué les pertes financières. En 2014, un plan de transformation a été décidé entre les banques, l’État et les actionnaires pour redresser l’entreprise. Nous avons commencé par mettre en place la structure managériale et organisationnelle pour assurer une maitrise de nos opérations. Nous devions maitriser toute la chaine de production pour offrir au marché les bons produits, avec la bonne qualité, dans les délais et en étant compétitif. Tous les processus internes de l’entreprise ont connu une transformation radicale. Nous cherchons à responsabiliser les personnes en charge, à les faire monter en compétences et à reprendre la maitrise sur les opérations. Nous cherchons aussi à appliquer l’état de l’art dans tous nos processus pour transformer cette entreprise à gestion familiale en une référence de la bonne gouvernance qui n’a rien à envier aux meilleures multinationales.
Beaucoup de réalisations sont déjà à notre actif mais il reste beaucoup à faire pour pérenniser l’entreprise et occuper la place que Maghreb Steel mérite au sein de l’écosystème industriel du Maroc.

Comment avez-vous réussi à faire baisser les tensions et regagner la confiance du marché ?

Nous devions faire la démonstration par la preuve. C’est vrai que Maghreb Steel était à l’arrêt faute de financement et cela a entrainé beaucoup de tension avec nos clients. Les conditions nécessaires pour le lancement du plan de restructuration ont mis un certain temps à se mettre en place (financement, mesures de protection…), mais nous avons commencé à obtenir de bons résultats opérationnels (fiabilisation des lignes de production, réduction des couts…) après quelques mois. Ce qui a permis d’embarquer les troupes dans cette aventure très tôt. Une fois la maitrise des fondamentaux a commencé, la confiance de nos clients a commencé à revenir. Nous avons presque mis un an à rassurer les clients et le marché surtout après une grève et un problème de financement au cours de l’année. Maintenant nous pouvons être fiers de la confiance de nos clients et même de nous ériger comme moteur de notre écosystème. Nous identifions des opportunités de développement pour nous et nos clients et cela se traduit par un marché qui s’accroit malgré un contexte économique défavorable ces deux dernières années.
L’autre élément de confiance c’est les prix que nous appliquons. Ils sont très compétitifs ; ce qui permet de réduire de manière significative l’importation au Maroc.
Dernier élément, c’est celui de la qualité. Nous avons amélioré de manière significative notre qualité au point de pouvoir livrer Renault. Cela a des conséquences sur la qualité de l’ensemble de nos produits. Résultat : l’obtention d’une certification ISO TS 16949, sésame indispensable pour livrer le secteur très exigent du secteur de l’automobile.

Que pouvez-vous nous dire sur votre stratégie de développement au niveau africain ?

Maghreb Steel a toujours exporté une part importante de ses capacités (20 à 30%), dans le bassin méditerranéen en Europe, au Maghreb et au Moyen-Orient. Le positionnement du Maroc par rapport à l’Afrique est très intéressant. La plupart des marché africains sont très petits et ne consomment pas beaucoup d’acier. De facto, nous avons un avantage compétitif qui nous permet de bien servir ce marché. Nous sommes déjà présents en Afrique depuis des années. Nous sommes en train de renforcer nos équipes pour pouvoir servir plus de marchés. La nouveauté que nous cherchons à déployer et d’accompagner nos clients marocains dans leur implantation en Afrique en leur proposant des offres compétitives pour qu’ils puissent percer dans ce marché.
Quels sont les projets que vous avez déjà menés à bon port en Afrique ?Nos produits sont déjà commercialisés depuis plusieurs années dans une dizaine de pays en Afrique. Nous espérons accaparer plus de parts de marché ; ouvrir de nouveaux horizons et de nouveaux pays.

Quel regard porte Maghreb Steel sur l’industrialisation en Afrique ?
La problématique de l’industrialisation de l’Afrique commence par une difficulté de la logistique qui rend le fret couteux et freine les ambitions de développement du continent. Les besoins de consommation sont très importants, mais malheureusement les infrastructures ne suivent pas toujours. La stratégie de la Chine consistant à augmenter le salaire de la main d’œuvre pour donner naissance à une classe moyenne importante est une grande opportunité pour le continent africain et pour le Maroc en particulier. Nous avons assisté à la signature du projet de « Mohamed VI – Tanger Tech City » qui confirme cette opportunité. Pour développer davantage l’Afrique, il faut renforcer les liens et faire du « sur-mesure » pour répondre aux besoins grandissant du continent.


Publié le 16-04-2017 par LA Rédaction


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