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Maroc-Chine : Une complémentarité rare et précieuse

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Depuis la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Pékin en Mars 2016, qui a abouti au développement  d’un partenariat de renforcement stratégique au plus haut point,  les deux Empires respectifs n’ont jamais été aussi proches et les échanges économiques et commerciales aussi denses. Ce rapprochement émanant d’un intérêt réciproque certain mérite tout de même un éclairage.

 

La République Populaire de Chine est entrée dans une nouvelle ère après  le discours en 2013 à Kazakhstan, celle du Rêve de toute une nation, à savoir la renaissance de l’Empire du Milieu. L’homme qui symbolise cette nouvelle étape, est le président actuel, Xi Jinping. En effet, le Rêve Chinois se traduit par le retour du pays de l’Extrême Orient dans le concert des grandes nations puissantes. Il y a en effet, une restructuration du modèle politique et économique du pays, consistant à rivaliser avec les pays développés actuels dans les nouvelles technologies, sciences et innovations. Le « Made in China » est en phase de s’accroitre qualitativement. Preuve à l’appui, c’est la création d’une entreprise de construction d’aviations civiles, nommée Comac C919, qui ambitionne de concurrencer les deux industries aéronautiques traditionnelles, Boeing et Airbus. Ainsi, le Rêve Chinois, c’est une nation prospère pour toutes les franches sociales de la population. Le Rêve Chinois, c’est une société avec une classe moyenne épanouie accédant aux services sociaux les plus sophistiqués. Le Rêve Chinois, c’est aussi l’ambition de devenir la 1ère consommation mondiale.

Ce nouveau modèle tracé par le gouvernement a conduit à l’augmentation significative  du salaire minimum à hauteur 700 dollars par mois sur la partie Est du pays. Ainsi, la Chine, pour maintenir sa compétitivité, est dans l’obligation de délocaliser une partie de son industrie dans les pays étrangers disposant de salaires réduits et d’autres avantages concurrentiels, comme les facilités fiscales à titre d’exemple. Le Bangladesh, l’Éthiopie, le Vietnam, le Kenya et bien d’autres sont des États qui ont effectivement bénéficié des fonds industriels de l’Empire du Milieu. Le nombre d’emplois qui seront créés via ces délocalisations sont de l’ordre de 80 millions.

Le Royaume du Maroc, quant à lui, cherche éperdument à trouver son envol économique afin d’accéder à la catégorie des Pays Émergents. La volonté politique du gouvernement est de créer sur son sol une plateforme d’investissement qui soit attractive, disposant d’avantages comparatifs distinctifs et qui puissent convaincre les porteurs de capitaux étrangers, à s’installer dans l’Empire Chérifien. C’est le moyen le plus efficace pour véritablement connaitre un réveil de l’industrie « Made in Morocco». D’ailleurs, le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020, visant à la création de 500 000 emplois à la fin de cette période est en parfait alignement avec cette ambition d’industrialisation de l’économie.

Pour ce faire, plusieurs efforts ont été entrepris par le pouvoir public pour le développement et l’assainissement des infrastructures tant portuaires, ferroviaires que routières. 1772 est le nombre en kilomètres d’autoroutes construites et existantes au Maroc. Le Port Tanger-Med est l’un des ports les plus influents sur tout le contour de la méditerranée.  Une ligne ferroviaire à grande vitesse liant les deux grands pôles économiques du Royaume, à savoir Tanger et Casablanca, est en phase d’être achevée. En bref, ces quelques exemples de réalisations donnent un aperçu sur les avancées incontestables et incontestées.

Renault-Nissan, PSA, Bombardier, Boeing, voici les grands noms de l’industrie mondiale qui ont réellement été convaincus par l’offre marocaine.

Pour résumer, nous avons d’une part, un État qui est à la recherche de nouvelles plateformes d’investissement pour asseoir son influence commerciale dans le monde, et d’autre part, une nation ayant construite une réelle politique d’attractivité des capitaux étrangers, et qui se distingue, par ailleurs, d’une qualité rare, qui est la paix et la stabilité politique.

À ce jour, 2 grandes conventions et mémorandum d’ententes ont été signés et qui actent cette complémentarité Sino-Marocaine :

– Le projet de la Cité Mohammed VI Tanger Tech sera développé sur 2.000 hectares. Il consiste globalement à construire un pôle économique capable de générer 100.000 emplois, dont un minimum de 90.000 bénéficiera aux habitants de la région de Tanger. L’investissement total des entreprises dans la zone atteindrait 10 milliards de dollars après dix ans.

– Implantations d’usines BYD à Tanger, leader mondial dans les équipementiers électriques, qui s’étaleront sur 50 hectares et permettront la création de 2.500 emplois.

En conclusion, nous pouvons affirmer que certes, le partenariat stratégique entre la République Populaire de Chine et le Royaume du Maroc est récent, mais les prouesses de cette union sont tellement grandes que je ne serai guère surpris d’ici une dizaine d’années, voir la Chine devenir le 1er partenaire économique et investisseur du Maroc.

Mohamed Benchekroun

Fondateur de CAC Group «China African Cooperation Group »

Membre de CKM Finances

Enseignant vacataire à Zhejiang Wanli University et Doctorant en Economie et Gestion.

 


Publié le 24-03-2018 par LA Rédaction


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